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Jusqu’au 10 juin 2007 Entrée gratuite " Il y a tout ce que nous percevons, mais qui nous reste incompris, qu’on le sache ou non. Je suppose que l’écart entre l’existence et l’idée que l’on a de celle-ci est incommensu-rable. David Gillanders La muette volontaire 56 x 80 – 2007 " Qu’est-ce qui nous échappe? " C’est la question que pose ce peintre dans sa deuxième exposition solo de l’année. Cible mouvante présente un corpus de dix huit peintures jouant sur les perceptions, entre l’abstrait et l’objet, difficile de savoir ce qui est saisissable et de le définir. C’est un pari réussi pour ce natif de Toronto mais qui œuvre dans le milieu de l’art à Montréal depuis plus de dix ans. Son travail pour créer un monde à l’image de l’ambiguïté au fond même de la nature de la perception du monde est palpable dans ses toiles, par le flou, la fragmentation et l’abstraction.
La peinture est fluide, tourmentée mais porteuse d’un silence, comme si son pouvoir ne se révélait pas par des mots mais par le mouvement. Le spectateur s’arrête devant l’œuvre, intrigué, attiré, il cherche à comprendre ce qu’il voit. En s’approchant pour tenter de clarifier sa vision, il se rend compte que plus il est près, plus l’image est indéchiffrable. Il doit donc composer avec cette réalité imprécise. Ce qui frappe en entrant est la qualité de la peinture. Gillanders est un artiste d’expérience, un technicien hors pair. La finition est remarquable, il avoue lui-même être obsédé par cet aspect de l’œuvre. Sa signature réside également dans la maîtrise de la couleur, qui est réfléchie et sentie, c’est elle qui est l’objet de l’œuvre. Elle est appliquée sur des formes profondes à la fois solides et flottantes. Deux immenses toiles de 56 x 80, La muette volontaire et Passé près, sont résolument modernes et imposantes, elles marquent un tournant dans le travail du peintre qui était habitué aux plus petits formats et qui a utilisé une nouvelle technique pour la composition avec une caméra confectionnée dans son atelier. Une série de sept petits tableaux Aucune circonstance n’est éternelle 1 à 7, sont des images d’un bord d’autoroute, qui illustre avec une certaine nostalgie le passage des choses sur lesquelles l’œil s’arrête rarement et qui sont pourtant le témoin du temps fuyant. Les trois toiles de grandeur moyenne Écran de fumée 1 à 3, sont les tableaux où l’émotion est la plus cumulée. Dans des teintes de bleu et de noir, des amas émergent, compacts et menaçant, comme quelque chose qui se compose à même la matière de l’espace pour devenir un élément soudainement visible et présent. Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal 465,Mont-Royal est (514) 872-2266 www.dgillanders.com
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