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Jean Roig, métier photographe... Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Corinne Bénichou   

 

Jean Roig qui a été, pendant quarante (40) ans, photographe sportif pour le journal l’Indépendant, voulait, en fait, être architecte.

Il a commencé par photographier des immeubles pour se familiariser avec les structures et un jour, un de ses amis lui propose de le remplacer sur un mariage, puis deux, trois… « Un an après, je touchais par mois la valeur de 2500 euros alors qu’entre 1967 et 1970, le salaire minimum était de 90 euros ! »

Actuellement retraité, il s’est permis de toucher à une autre facette de ce métier : L’agence de presse. Il a monté la sienne, avec sa sœur, il y a quelques mois seulement. « Elle est principalement destinée aux reportages et offre une visibilité aux jeunes professionnels. » L’idée première étant de revitaliser cette profession et non de lui donner une orientation vénale. « Mon agence représente le petit commerçant du Sud qui se bat contre les supermarchés de l’image presque tous installés à Paris et comme la photo généraliste a perdu 80% de sa valeur à cause de ces fameuses grosses entreprises, la spécification* est un bon moyen de s’en sortir. »

Comme le journaliste, le photographe a une éthique. « Je ne pourrais jamais faire du voyeurisme. Le fonctionnement d’un bon photographe est basé sur la transparence et la liberté de gérer ses photos comme il l’entend. » D’ailleurs, dans la lignée de l’intégrité, le problème du droit à l’image est de plus en plus évoqué. « Contrairement à bien de collègues, je n’ai jamais eu à demander l’autorisation aux gens que je photographiais. »

Cet homme qui a consacré sa vie à la photo, en parle encore au présent. « C’est un travail fabuleux et varié, mais très difficile, car pour en vivre, peut importe le talent que vous avez, c’est la vente de vos clichés qui compte. Il faut savoir que dans ce métier, il y a 10% de salariés et 90% d’indépendants »  et de préciser « j’ai eu la chance de ne pas être obligé d’aller chercher la photo choc, car j’étais employé durant toute ma carrière ! De plus, maintenant, ce sont les magazines qui font les prix (qui restent respectables) à l’exception d’une exclusivité. Dans ce cas, le photographe peut faire monter les enchères … »  Selon Roig, l’important, c’est d’avoir à l’esprit comment faire parler l’image et cintétiser l’événement. « L’essentiel c’est le regard, l’émotion du moment, il faut savoir lire le détail. Il est préférable d’être témoin plutôt qu’acteur. »

Depuis sa sortie commerciale, tout le monde prône le numérique, qu’en est-il vraiment ? « Ce passage a été très dur pour moi, j’ai cru que le métier était mort, mais finalement  c’est une évolution matérielle, technique, qui engendre une rapidité de contrôle et une facilité de diffusion. non négligeable. »  L’objectif  (pour rester dans le même monde !) du Monsieur est, évidemment, de faire connaître son agence au niveau national et international tout en préservant les valeurs humaines qui lui sont chères.

Pour information : www.roig-media.fr 

* : Les grosses personnes, les vieilles personnes à faibles revenus, les sports dangereux, les animaux dangereux… Cette liste n’est pas exhaustive, bien sûr !!!

 
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